Une commande de viande fraîche partie à 4 °C d'une boucherie de Gounghin traverse Ouagadougou en avril à 42 °C à l'ombre. Entre le comptoir et la porte du client, il y a une demi-heure de moto. C'est là que tout se joue.
Quatre chaînes, pas une
Toutes les marchandises ne suivent pas la même règle, et une règle unique se trompe dans les deux sens.
- Frais : 4 °C ou moins. Viande, poisson, produits laitiers.
- Surgelé : −18 °C ou moins.
- Chaud : 60 °C ou plus. Un plat préparé doit rester chaud — c'est la seule chaîne où la comparaison est inversée, et un contrôle unique conçu pour le froid déclare conforme un riz gras arrivé glacé.
- Thermosensible : entre 2 et 8 °C. Une plage, avec un plancher : un produit pharmaceutique qui a gelé est aussi perdu qu'un produit qui a chauffé, ce qu'un simple plafond ne voit pas.
Trois relevés
À l'enlèvement, en transit, à la livraison. Chaque relevé est enregistré avec le seuil contre lequel il a été jugé, l'horodatage et la position — de sorte qu'un contrôle a posteriori peut reconstituer la décision sans avoir à deviner quelle règle s'appliquait ce jour-là.
Un relevé non conforme bloque la course
Ce n'est pas un avertissement. Si le relevé d'enlèvement est hors seuil, le livreur ne peut pas marquer la commande comme enlevée : le blocage est côté serveur, il ne dépend pas de l'application. Le produit retourne au froid, un nouveau relevé est enregistré, et l'incident part en journal d'audit même si la course reprend ensuite normalement.
Le client, lui, voit la courbe de température de sa commande sur la page de suivi. Pas un badge « conforme » — les relevés eux-mêmes.
